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La Première

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Histoire

Un Jour dans l'Histoire

L’esclavage en Grèce Ancienne : une réalité sous silence

36 min

| Publié le 07/12/23

Nous sommes à la fin du Ve siècle av. J.-C., c’est à cette époque qu’un Athénien anonyme de la classe supérieure, partisan d’un régime oligarchique, rédige un pamphlet contre la démocratie intitulé « La Constitution des Athéniens ». L’auteur, que l’on désigne parfois par le nom de Pseudo-Xénéphon car on l’a confondu longtemps avec le fameux philosophe et chef militaire, dénonce la démocratie comme un régime injuste, dont les victimes seraient les riches, les bien nés, ceux qu’il appelle « les honnêtes gens » et qui sont les mieux qualifiés pour gouverner, tandis que les « fripons », les pauvres, la masse profiteraient du système. Il écrit : « Quant aux esclaves et aux métèques (les étrangers), leur dérèglement à Athènes est considérable et non seulement il n’est pas en ce lieu permis de les frapper, mais encore l’esclave ne se rangera pas sur ton passage. Pourquoi c’est là une coutume locale, je vais, quant à moi, l’expliquer. Si c’était l’usage pour l’homme libre de battre l’esclave, le métèque ou l’affranchi, il lui serait souvent arrivé de frapper l’athénien en le prenant pour un esclave ; car, en matière de vêtements, le peuple en ce lieu ne vaut pas mieux que les esclaves et les métèques, de même que, par son aspect extérieur, il n’est en rien meilleur. » La question de l’esclavage est peu présente dans la pensée politique grecque alors qu’il s’agit d’un fait qui imprègne le fonctionnement de l’ensemble de la société. Pourquoi cette absence dans le discours des Anciens ? En quoi peut-on dire que le développement de la société esclavagiste athénienne et l’avènement de la démocratie entretiennent, pourtant, des liens étroits ? Invité : Paulin Ismard, professeur d’histoire grecque à l’Université d’Aix-Marseille. Sujets traités : Athènes, Platon, esclavage, démocratie, Thalès, antiquité, philosophie, castes