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La Première

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Histoire

Un Jour dans l'Histoire

L’écrit politique et administratif au temps des guerres de religion : une amorce de bureaucratisation ?

38 min

| Publié le 05/09/23

Nous sommes à l’été 1574. Henri III, le nouveau roi de France décide que les secrétaires d’Etat ne pourront plus discuter les ordres écrits qu’il leur donne en matière de distribution de dons. Ses dons, le souverain les fait, quelquefois, sur recommandation de tel ou tel grand seigneur. En quoi cette décision est-elle représentative de l’enjeu que représente l’écrit dans la gestion administrative de la grâce royale ? Quel rôle les secrétaires occupent-ils auprès du monarque ? L’un d’entre eux, Nicolas de Villeroy exprimera, plus tard, le sentiment d’ingratitude qu’il éprouve devant une décision qui, estime-t-il, méconnait leur dévouement au service de la monarchie et qui, en rendant à l’aristocratie son pouvoir de médiateur, encourage la poursuite des troubles civils, nous sommes au temps des guerres de religion : un temps de chaos. Secrétaires d’Etat, clercs, commis, ambassadeurs, ils sont nombreux à produire et à faire circuler l’information politique et diplomatique durant ces séquences de contestations de la légitimité du pouvoir. Ces professionnels de l’écrit forment la pointe avancée de la société politique, participent aux innovations administratives, à l’élargissement des domaines d’interventions de l’Etat. En quoi peut-on parler de république européenne des bureaux ? Invité : Jérémie Ferrer-Bartomeu, chargé de recherche du FRS-FRNS à l’Université de Liège et à l’Université catholique de Louvain. « L’Etat à la lettre – Ecrit politique et société administrative en France au temps des guerres de religion » aux éditions Champ Vallon.