Passer à la recherche
image podcast

La Première

-

Histoire

Un Jour dans l'Histoire

Marie Laurencin : pionnière, transgressive, compromise

37 min

| Publié le 08/03/23

Nous sommes en 1913. C’est chez Figuier, à paris, que paraît un ouvrage intitulé « Les peintres cubistes - Méditations esthétiques », il est signé Guillaume Apollinaire. On peut y lire : "Comme artiste, on peut placer Melle Laurencin entre Picasso et le Ce n'est pas là une simple indication hiérarchique mais une simple constatation de parenté. Son art danse comme Salomé entre celui de Picasso, nouveau Jean-Baptiste qui lave les Arts dans le baptême de la lumière, et celui de Rousseau, Hérode sentimental, vieillard somptueux et puéril que l'amour amena sur les confins de l'intellectualisme, c'est là que les anges vinrent distraire sa douleur, ils l'empêchèrent de pénétrer dans l'affreux royaume dont il était devenu le Douanier et ce vieillard, finalement, ils l'admirent dans leur troupe et lui vint de lourdes ailes." Marie Laurencin entretint une liaison, pour le moins, orageuse avec le poète. Il ne fut pas le seul. En 1914, Picasso dira « Laurencin n'a plus de talent». Il ne lui pardonne pas d'avoir quitté Apollinaire pour un Allemand. En 1937, Michel Leiris, poète et critique d’art, amant de l’écrivain Marcel Jouhandeau, lui-même intime de Marie Laurencin, persifflera sur le travail de l’artiste : « (…) pas trop désagréables comme œuvres de troisième zone. » Un autre dira : « Elle a fait de la peinture au féminin un art majeur. On ne trouve pas de mots pour bien définir la grâce toute française de Mademoiselle Marie Laurencin, sa personnalité vibre d’allégresse ». Et c’est une vie bien remplie que celle de Marie Laurencin, bien plus qu’une aquarelle d’été indien, avec ses ombres et ses déliés. Pionnière, transgressive, compromise, revenons sur ses pas … Invitée : Anne Hustache, historienne de l’art.