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La Première

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Histoire

Roger Casement : grandeur et disgrâce d’un héros

Un Jour dans l'Histoire

33 min

| Publié le 03/11/22 |

Disponible jusqu'au 02/11/2023

Nous sommes le 3 août 1916, au nord de Londres, à la prison de Pentonville. Peu avant 9 heures, un homme est amené dans la cour où a été dressé une potence. « Il était fort et droit », racontera le prêtre qui l’accompagne aux reporters qui sont présents de l’autre côté des murs, à l’entrée du bâtiment. Accusé de haute trahison, de sabotage et d'espionnage contre la Couronne britannique, Sir Roger Casement a été condamné à la pendaison. Moins d’une quinzaine d’années plus tôt, ce consul britannique avait enquêté sur les atrocités commises dans le Congo de Léopold II, puis sur les exactions perpétrées en Amazonie contre les Indiens. Anobli par George V, il était alors considéré comme l’un des grands héros du Royaume-Uni. Son combat aux côtés des nationalistes irlandais va le faire passer, aux yeux des Anglais, pour un traître. Ses nombreuses relations homosexuelles vont signer sa disgrâce. « C'était un bon compagnon, dira de lui Joseph Conrad, l’auteur de « Lord Jim » et de « Au cœur des ténèbres », mais déjà en Afrique je trouvais que c'était un homme littéralement sans esprit. Je ne veux pas dire qu'il était stupide, mais il était pure émotion. Par sa force émotionnelle (...) il a fait son chemin, par pur tempérament. Une personnalité véritablement tragique: dont il avait tous les traits, excepté la grandeur. Rien que la vanité. Sauf que cela n'était pas encore visible au Congo. » Alors qui était Roger Casement ? Un héros, un traître, un sodomite ? Invité : François Reynaert, auteur de « Roger – Héros, traître et sodomite » éditions Fayard.