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Classique

Puisque vous avez du talent

Gabriel Hollander, pianiste et chef d'orchestre : ' Diriger, c'est avant toute chose aller à la rencontre des musiciens ' (Nouvelle diffusion)

116 min

| Publié le 31/07/22 |

Disponible jusqu'au 30/07/2023

Pendant tout l'été, nous nous replongeons dans les riches archives de "Puisque vous du talent". Ce dimanche, nous avons rendez-vous avec Gabriel Hollander, nous l'avions rencontré en janvier dernier. L'oeil vif, et le regard rassurant, Gabriel Hollander est né il y a 33 ans, en Belgique. Pianiste à la technique solide et au toucher raffiné, Gabriel Hollander s'est spécialisé entre autre à Leipzig, et à côté de son premier métier de pianiste, notre invité semble avoir toujours eu mille autres passions. Parmi celles-ci, on citera les mathématiques, le clavecin, la musique baroque, l'Art lyrique, le quatuor à cordes, le piano jazz, les langues étrangères (ndlr. : notre invité parle couramment 4 langues !) Mais parmi toutes ses passions, l'une d'elles a pris l'ascendant très tôt, c'est celle pour la voix et l'Art lyrique en général. " Lors de mon cursus de pianiste " nous confiera Gabriel Hollander, " Nous étions invités à accompagner les chanteurs de la classe de chant. Cela a été l'un de mes premiers contacts concrets avec les voix. Quant à la direction d'orchestre, j'y suis arrivé par la pratique du quintette avec piano (ndlr. : quatuor + piano). Lors de nos répétitions, j'essayais d'expliquer au quatuor ma vision des pièces que nous travaillions, et le 1er violon m'a alors un jour dit : "Gabriel, ce que tu nous expliques a l'air très intéressant, mais on n'y comprend rien, va donc étudier la direction d'Orchestre ! Je l'ai pris au mot, et j'ai commencé à étudier cette discipline, et progressivement, j'ai dirigé de plus en plus, et le piano est alors passé petit à petit au second plan. " Cela étant dit, Gabriel Hollander reste un pianiste assidu, son instrument l'aide à préparer ses partitions de chef, il l'aide aussi à mieux comprendre la construction musicale des oeuvres symphoniques qu'il dirige, enfin, il lui est très utile, quand il répète des productions d'opéra avec les chanteurs, puisque c'est lui qui peut jouer la réduction d'Orchestre de l'opéra en question. Les réductions d'orchestre au piano, un Art que le jeune chef pratique avec brio, nous l'entendrons dans une réduction de la 2e symphonie de Rachmaninov. L'opéra, voilà la discipline qui occupe le plus clair du temps Gabriel Hollander ces dernières années. Assistant de grands chefs comme le regretté Patrick Davin, ou le très charismatique Gergely Madaras (ndlr. : directeur musical de l 'Orch.phil.royal de Liège), on a récemment pu l'entendre, non plus comme assistant, mais comme Directeur musical dans la Clémence de Titus de Mozart. En compagnie de l'Orchestre royal de Chambre de Wallonie, il a dirigé de main de maître cet opéra, en y soulignant subtilement toutes les finesses de la partition de Mozart. " Diriger ", nous expliquera notre invité, " c'est d'abord aller à la rencontre de personnes, en l'occurrence les musiciens. Et il est vrai que lorsque notre invité nous raconte sa vie de jeune chef, on prend conscience qu'avant même d'évoquer les nombreuses qualités musicales que requièrent ce métier, c'est d'abord la qualité du lien humain qu'on parvient à tisser qui prévaut. On sent chez notre invité un vrai goût de l'Autre, un égard pour sa différence et son point de vue, échanger plutôt qu'imposer, ce pourrait être la devise de Gabriel Hollander. Humaniste très touchant, Gabriel Hollander n'en est pas moins un artiste hautement qualifié : pianiste virtuose, chambriste, maître de la fugue et du contrepoint, il réunit à coup sûr les qualités humaines et musicales qu'on attend d'un grand chef : ceux qui rendent les partitions vivantes, ceux qui font brûler le feu de nos passions musicales. Gabriel Hollander : un artiste très complet, et une personnalité très attachante. Bonne écoute ! Réalisation et présentation : Laurent GRAULUS