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4e édition du Festival ' Ekho' : ' Quelle place pour les femmes dans la lutherie et l'architecture contemporaines ? '

116 min

| Publié le 29/05/22 |

Disponible jusqu'au 28/05/2023

La semaine passée, en marge de la demi-finale du Concours Reine Elisabeth, -qui avait lieu à Flagey-, s'est tenue la 4e édition du festival " Ekho ". Une manifestation qui se déroulait à la Maison de quartier Malibran, et au sein de la Maison Flagey. Ekho, c'est un festival de lutherie et d'archèterie contemporaines, qui souhaitait cette année donner de la visibilité aux nombreuses femmes qui exercent aujourd'hui ces professions de luthière et d'archetière. Ekho, c'est un festival, mais c'est aussi une asbl qui œuvre toute l'année au développement et au renforcement des liens entre la lutherie, l'archèterie et les musiciennes et musiciens. Parmi ses vocations, figure aussi celle de faire découvrir ces artisanats contemporains au plus grand nombre. C'est dans cet esprit que s'est tenue la 4e édition de ce Festival, qui outre l'axe féminin dans la lutherie et l'archèterie, qu'on vient d'évoquer, a réalisé cette année une collaboration avec la Faculté d'architecture-La Cambre-Horta et l'asbl " l'architecture qui dégenre " Quatre femmes seront nos invitées ce dimanche : Catherine Janssens, luthière, et cofondatrice de l'asbl Ekho, Rebekka De Bakker, archetière, Catherine Baude, architecte, et chargée de cours à la Faculté d'architecture La Cambre-Horta. Catherine Baude qui est également compositrice, et qui est à l'initiative d'un cycle de conférences qui s'est tenu lors de ce Festival "Ekho". Des conférences et des rencontres qui s'intéressaient au dialogue entre musique et architecture, et à la question du genre, tant dans la lutherie, que dans l'architecture. Quant à notre 4e invitée, il s'agit de Camille Kervella. Elle est également architecte, récemment diplômée de l'UC Louvain, avec un mémoire intitulé " Sex in the city " ` Le queer en architecture comme outil de déconstruction des systèmes normatifs dans les sociétés édifiées ` C'est donc le titre de son mémoire. En assumant son identité de femme queer et engagée pour ses droits, Camille Kervella tente de partager sa vision, tant de nos espaces privés, que publics, intimes que collectifs. Une vision qui sort du récit traditionnel. Avec ces quatre invitées, on apprendra par exemple que les femmes luthières sont présentes depuis le 16e siècle, mais que l'Histoire n'a pas retenu leurs noms, entre autre parce qu'elles travaillaient à la maison, tout en éduquant leurs enfants . Quant à l'architecte Catherine Baude, elle nous racontera que sur l'un des chantiers qu'elle visitait en tant qu'architecte, un homme l'avait apostrophé en lui demandant si elle travaillait dans l'Horeca... Sa consoeur architecte, Camille Kervella, nous expliquera pour sa part qu'il n'est toujours pas gagné, en 2022, de vivre son identité "queer" en toute quiétude : soit parce que le plus grand nombre ignore tout de cette identité, soit parce l'hostilité envers des choix non normés reste vive. Outre ces sujets de société, on reparlera de ce qui fait le credo de l'Asbl "Ekho" : promouvoir la lutherie et l'archèterie contemporaines. Le préjugé à cet égard demeure tenace : rien ne pourra jamais égaler le génie des grands luthiers des 17e et et 18e siècles... Voilà bien un énorme cliché, qui ne répond qu'à des légendes urbaines séculaires. La preuve est aujourd'hui indiscutable : lorsqu'on compare à l'aveugle, des instruments anciens, et des instruments contemporains : les instruments modernes reçoivent les mêmes éloges que les Stradivarius, Guarnerius, Maggini et autres. Qui plus est, ils sont vendus à des prix infiniment plus abordables, puisque la lutherie contemporaine n'est pas sujette à la spéculation. On rappelle tout de même que les Stradivarius se négocient sans problème autour d'une dizaine de millions d'Euros. Bonne écoute ! Réalisation et présentation : Laurent Graulus

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