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La Première

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Les coulisses du pouvoir

La Flandre ouvre son portefeuille avant les élections

5 min

| Publié le 26/09/23

La Flandre ouvre son portefeuille avant les élections Le gouvernement flamand ouvre grand sa bourse avant les élections. Prime pour voiture électrique, prime à l’emploi, la coalition de centre-droit dirigée par la N-VA laisse filer son budget pour soigner son électorat. Et oui, même quand on est de droite, même quand on est flamand, même quand on dénonce sans cesse le déficit budgétaire fédéral, en année électorale, la tentation de distribuer de l’argent public semble bel et bien la plus forte. La coalition qui emmène N-VA, VLD, CD&V, présente un budget 2024 annoncé en déficit de 3,7 milliards d’euros. Le ministre-président Jan Jambon, qui déclare faire de l’équilibre une question "d'honneur et de courage politique”, est obligé de repousser ce retour à l’équilibre pour 2027. Dans quatre ans donc… Alors, bien sûr, la situation budgétaire de la Flandre est bien meilleure que celle du sud du pays et celle du fédéral. Plus que toute autre entité, la Flandre peut se permettre de s’endetter. Néanmoins, il faut souligner que, comme dans les autres gouvernements, les nécessités de la rigueur se sont effacées devant les nécessités politiques, celles de satisfaire les demandes des trois membres de la coalition avant les élections. Dans le catalogue des bonnes nouvelles pour les Flamands, une prime pour voiture électrique qui peut monter jusqu'à 5000 euros. Oui, cette prime existait et a été supprimée il y a quelques années. Elle fait son grand retour. Elle s’adresse aux particuliers, pas aux sociétés pour leur parc qui est immense au nord du pays. Une prime aux particuliers et pour des voitures en dessous de 40 000 euros. 5000 euros donc… Autre prime, la prime à l’emploi, Jobbonus, qui est une réduction fiscale pour les moyens et bas salaires va augmenter. 1 million de Flamands devraient en bénéficier, jusqu’à 700 euros par an dans la poche. Le gouvernement flamand a aussi beaucoup dépensé pour améliorer l’accueil de la petite enfance, après plusieurs scandales. Plus d’enseignants, une intervention sur la facture électrique, un titre-service à 7 euros 20 et j’en passe… Ce qui frappe, c’est que la différence entre les contribuables flamands, wallons et bruxellois ne cesse de se creuser. En effet, pas de prime de 5000 euros pour l’achat d’une voiture électrique dans le sud, une fiscalité automobile qui y est d’ailleurs plus lourde, pas de Job Bonus, des droits d’enregistrement de 12,5% alors qu’ils sont de 3% pour la maison familiale en Flandre, un titre-service à 10 euros contre 7 euros 20 au nord. Mais la comparaison est parfois compliquée, il existe des primes, par exemple à la rénovation, qui n’ont pas tout à fait d’équivalent au nord, les allocations familiales ont été indexées chez nous alors qu’elles ont été limitées en Flandre, le bonus fiscal au logement a été supprimé en Flandre et à Bruxelles, alors qu’il existe encore sous la forme d’un chèque habitat en Wallonie. Et puis il y a les services offerts aux citoyens, là la comparaison est très compliquée à faire, car cela varie énormément d’un individu à l'autre. Mais tous les experts fiscaux le reconnaissent, nos régions divergent de plus en plus en matière de fiscalité et de service aux citoyens. C’est évidemment la logique même du fédéralisme… Et cette logique n’est qu’à ses débuts… Oui, et je ne parle pas ici d’un approfondissement futur et du confédéralisme. Mais, en gardant l’actuelle répartition des compétences, les divergences entre régions ne vont faire que s’accentuer. Car le sud du pays est abonné pour au moins une décennie à la rigueur budgétaire. En Flandre, la dette représente 58% des recettes, en Wallonie la dette équivaut à 257% des recettes. Soit pratiquement 5 fois plus. Bruxelles et la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas en reste. Dans les prochaines années, la Flandre pourra continuer à investir, alléger la fiscalité, distribuer des primes, alors que le sud le pourra de moins en moins.