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Laurence Vielle lit la poésie

Laurence Vielle lit un extrait du discours du Chef Seattle en 1854

3 min

| Publié le 09/11/22 |

Disponible jusqu'au 10/11/2023

Laurence Vielle nous lit un extrait du discours du Chef amérindien Seattle (1786-1866) en 1854. Seattle est un chef amérindien de la tribu des Duwamish. Son nom peut vous sembler familier, il est en effet connu pour avoir adressé au gouverneur du territoire de Washington Isaac Stevens (1818-1862) un discours en 1854. Son nom sera aussi donné à la métropole Seattle, plus grande ville de l’État de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis. Ce discours nous a été rapporté par un négociateur du gouvernement dans le journal Seattle Sunday Star en octobre 1887, soit plus de trente ans après cet événement, ce qui fait aujourd’hui douter de la véracité de cette information. Cette version nous vient des années 1970, époque des prémices de l'ère écologique mais cela n'enlève néanmoins rien à la stature historique ainsi qu'à l'héritage de Seattle, ni aux idées des défenseurs de l'environnement. Extrait du discours, lu par Laurence Vielle : Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ? Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos soeurs, le cerf le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme, tous appartiennent à la même famille. Les rivières sont nos soeurs, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos soeurs et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour une soeur. Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas sa soeur mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère la terre, et son frère le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre, comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert. L’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle. La bête, l’arbre, l’homme. Ils partagent tous le même souffle. Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre, mais si nous décidons de l’accepter, j’émettrais une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de ces terres comme ses frères. Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre. Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit, car ce qui arrive aux bêtes arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent. Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre. Toutes choses se tiennent, comme le sang qui unit une même famille, toutes choses se tiennent. Tout ce qui arrive à la Terre, arrive au fils de la Terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie, il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.