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ARTE Regards

Madame Arthur : le cabaret du mélange des genres

32 min

| Publié le 22/12/23

Si les drag queens n'ont plus à se cacher aujourd'hui, elles le doivent largement à Mme Arthur. Derrière sa devanture rouge, inchangée depuis 1946, le cabaret a toujours été un refuge. Après une fermeture pendant plus de 5 ans, le cabaret a rouvert ses portes en 2015. Chaque semaine, la troupe revisite des classiques de la chanson française et fait vivre cette tradition tout en en dynamitant une autre : les codes du genre. Une ambition aussi riche artistiquement que forte politiquement. Nous partons à la rencontre de trois des créatures de ce cabaret mythique qui, sur scène et hors les murs perpétuent cette révolution. Maeva, connue sous le nom de La Briochée, est devenue une des figures drag de ces dernières années. Elle est née à Royan, dans un corps qui ne lui correspondait pas. Après des années difficiles, elle a entamé une transition puis est montée à Paris pour tenter sa chance dans l'univers des cabarets. Elle est aujourd'hui membre de la troupe de Mme Arthur et aussi une des participantes à l'émission Drag Race France. Ses prises de positions médiatisées ont aidé de nombreux jeunes qui souffraient comme elle...Mais cette visibilité lui attire aussi les foudres de l'extrême droite.  Cette défiance vis-à-vis de leur art, Laurent Mercier qui est Lola Dragonness von Flame sur scène l'a bien connu à ses débuts. Icône drag dans les années 90, il performe aujourd'hui devant le public de Madame Arthur. La "reine de la nuit" ne peut s'empêcher de remarquer que le public a évolué. Autrefois composé d'un petit cercle d'initiés, il s'élargit et devient plus hétéroclite : signe d'une acceptation grandissante dans la société. Le cabaret évolue avec son temps et accueille pour la première fois cette année un drag king dans la troupe, terme construit en miroir à celui de queen. Tom a découvert l'art du drag il y a un an, en assistant à un show de drag king. Très vite, il s'y initie et devient une figure reconnue du milieu. Si les drag queens jouissent aujourd'hui d'une certaine notoriété, les kings sont eux encore méconnus du grand public. Pour Tom, qui rédige un mémoire sur le genre à l'EHESS en parallèle de ses activités au cabaret, ça n'est pas un hasard : les kings déconstruisent les codes de la masculinité et choquent d'autant plus dans une société patriarcale.

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