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La Première

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Culture

L'Heure H

Et Simenon créa Maigret

39 min

| Publié le 05/09/22 |

Disponible jusqu'au 04/09/2062

Paris, 1922. Le 12 décembre exactement. Il pleut. Simenon descend du train de nuit. Terminus en gare du Nord à 7h30. Ce train international est déjà un roman. Il vient de Riga, passe par Berlin, où l’on accroche les rames de Varsovie, puis Cologne, Liège-Guillemins, Charleroi. Il a mauvaise réputation. On raconte qu’il est peuplé d’arnaqueurs, de faussaires, d’assassins en fuite, de femmes blondes et fatales. Trajet abrutissant pour un Simenon affalé sur la banquette. Les reins cassés par les cahots, il pose le pied sur le quai, se perd dans le labyrinthe des vingt-huit voies. Pour lui, mais il l’ignore, c’est « son » heure H ! Il a 19 ans, vient de quitter définitivement son Liège natal, vient de couper le cordon ombilical. Adieu la vie étriquée, le boulot de petit journaliste de province. Il le dit, l’écrit, le répète : chez lui, sa place n’existe plus ! A Liège, depuis longtemps, il souffre de cette médiocrité. Il l’a dit à sa mère : il n’y a que deux sortes de gens sur terre : les fesseurs et les fessés. Il préfère être du côté des fesseurs. Dès qu’il s’est mis à écrire, il a toujours voulu quitter Liège. Et pour s’expliquer, il évoque le football : il faut choisir la ligue dans laquelle on joue ; ou on joue en ligue locale, provinciale, nationale ou internationale. Lui, en choisissant Paris, il a choisi l’internationale !