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La Première

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Culture

Entrez sans frapper 03/05/2023

Barbara Cuglietta/Jean-Marc Lalanne/Joëlle Scoriels/Sébastien Ministru/Gorian Delpâture

66 min

| Publié le 03/05/23

Nouvelle écoute de la chronique "La La Langue" de Joëlle Scoriels : Une chronique sans risque, sur le travail du cuivre... Focus sur « Four Sisters » avec Barbara Cuglietta, commissaire de l’exposition à découvrir au Musée juif de Belgique à Bruxelles jusqu'au 27 août. Chantal Akerman, Marianne Berenhaut, Sarah Kaliski et Julia Pirotte sont artistes. L’une réalise des films, l’autre des sculptures. Une autre est peintre, la dernière est photographe. Ce sont quatre femmes juives. Issues de différentes générations, elles ont émigré ou sont nées de parents apatrides qui ont fui l’Europe de l’Est et les persécutions dans les années 1930. Toutes les quatre ont habité Bruxelles et ont en commun d’avoir vécu – directement, ou à travers leurs proches – l’Occupation, d’avoir vu et subi les déportations, d’avoir traversé le désastre. Chantal, Marianne, Sarah et Julia sont sœurs. Sœurs d’autres parents. Elles ont survécu, ou simplement vécu, grâce à la résilience des leurs. À l’instar de Ruth Elias, Ada Lichtman, Paula Biren et Hanna Marton, Les Quatre sœurs revenues des camps de la mort dont le cinéaste Claude Lanzmann avait recueilli les témoignages à la fin des années 1970, elles ont en partage l’expérience de la Shoah. Elle sont dépositaires d’une mémoire, faite d’autant de récits que d’absences et de paroles lacunaires. Une faille, un silence, une hantise qu’elles ont reçu en héritage. Artistes, elles ont fabriqué des œuvres, des langages, des manières de voir dans et autour de ce trou dans l’Histoire, dans leur histoire. Évoluant chacune dans un monde singulier, Chantal, Marianne, Sarah et Julia se sont parfois croisées, aperçues au détour d’une exposition d’une projection. Femmes, elles se sont construites avec une force et un engagement qui en font aujourd’hui des modèles de vie et de liberté. Juives, elles se sont interrogées sur le poids de l’appartenance et de la transmission, sur les puissances d’une culture éparse et diasporique. Four Sisters est une exposition chorale, qui suit le regard de ces quatre figures, dont les existences, mises bout à bout, couvrent un siècle entier d’Histoire et où s’entremêlent des évènements, des lieux, des destructions, des émancipations, des transformations politiques et des expérimentations intimes. Mêlant œuvres et archives, images et textes, présentations monographiques et arrangements collectifs, Four Sisters entrecroise les fils de ces récits de vie, à la manière d’un tissage. Ce tissage s’étend jusque dans le présent, à travers la participation ponctuée d’artistes d’une plus jeune génération. A l’intérieur de Four Sisters, dans les détails et les plis, les souvenirs se mêlant à la fiction, il y a des gestes, des temps et des fragments dont les échos résonnent et composent de nouveaux motifs, à l’instant d’une mémoire qui ne peut se former que dans le partage. Nouvelle diffusion de la chronique "Paroles, Paroles" de Sébastien Ministru : "Pourvu qu’elles soient douces" de Mylène Farmer Spéciale Delphine Seyrig avec Jean-Marc Lalanne, qui publie "Delphine Seyrig : En constructions" (Ed. Capricci). Lorsqu’elle disparaît en 1990, Delphine Seyrig n’est plus cette figure de proue du cinéma d’auteur mondial qu’elle fut durant toutes les années 60 et 70, de L’Année dernière à Marienbad au Charme discret de la bourgeoisie, en passant par Peau d’Âne et Baisers volés. Les années 80 ne l’ont pas aimée ; dans cette décennie de restauration formelle et idéologique, son parcours, esthétique ou politique, paraissait trop radical. C’est peu dire que le temps a joué en sa faveur. La postérité a validé ses choix d’actrices les plus aventureux (Jeanne Dielman de Chantal Akerman, India Song de Marguerite Duras…). Son œuvre de cinéaste est redécouverte avec un intérêt croissant. Ses prises de position publiques, aux avant-postes de la lutte féministe, circulent plus que jamais sur les réseaux. Pourquoi Delphine Seyrig est-elle plus que jamais notre contemporaine ? Tel est l’objet de cet essai admiratif et amoureux. Feuilleton « Héros de fiction » de Gorian Delpâture - Épisode 23. Gorian Delpâture et Laurent Nelissen se sont intéressés à un personnage de roman, une jeune américaine persécutée à l’école et traumatisée par sa mère bigote. Elle s’appelle Carietta mais on la connait surtout sous le diminutif de Carrie.