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Culture

Els Dietvorst, l’art e(s)t la vie.

BelgianArtPrize 2021

8 min

| Publié le 08/05/22 |

Disponible jusqu'au 09/05/2023

Els Dietvorst est née à Kapellen, dans la Province d’Anvers, en 1964. Elle vit dans le sud-est de l’Irlande depuis douze ans et reste attachée à la ville de Bruxelles. Lauréate du "BelgianArtPrize", elle présente des fragments de son travail dans une exposition rétrospective à "Bozar". Elle illustre sa démarche actuelle dans un chassé-croisé entre l’art et la vie en ouvrant la "Centrale électrique" aux performers du "Barra mouvement". L’institution semble lâcher prise. Les valeurs instituées, endogènes, cèdent le pas aux liens sociaux créés dans l’espace public et les lieux de la monstration se métamorphosent en espaces de vie. Le visiteur participe à la démarche de création par sa participation au vivre-ensemble de la rencontre artistique. La coopération, l’écoute et le partage, sont à l’œuvre dans la réalisation de l’exposition. Trois garants de la construction d’une société plus égalitaire et moins individualiste. Els Dietvorst, à la manière de Joseph Beuys, appelle de ses vœux une "sculpture sociale" qui s’érige autour des questions sociétales : la migration, la nature, l’exclusion, l’aliénation, … Le crédo d’Els Dietvorst. L’art est un échange indissociable de la vie. L’artiste fait sienne l’assertion de Robert Filliou : "L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art". La création artistique misant sur les valeurs humanistes est un "work in progress". A l’image d’un cairn, le galet additionnel apporte sa pierre à l’édifice et l’empilement construit un équilibre fragile qui menace de s’effondrer, mais l’artiste à l’instar de Sisyphe poursuit une œuvre jamais achevée. Deux œuvres phares illustrent le parti-pris des deux expositions. A "Bozar", une vidéo invite à rencontrer ACM (Art-Cœur-Merci), un Camerounais sans-abris. Le "philosophe-errant" vivait dans une cabane le long du canal Bruxelles-Charleroi, en périphérie de la capitale. ACM a été expulsé d’un non-lieu. Son abri de fortune a été démoli. L’œuvre vidéo est figée dans le temps du souvenir. A la "Centrale électrique", une vaste installation est constituée de débris recueillis in situ et de détritus ramassés aujourd’hui par la voirie. L’œuvre éclaire les choses dépréciées de la petite vie humble et modeste d’ACM. Une rédemption du déchet opère dans notre regard comme dans une œuvre dadaïste de Kurt Schwitters. Els Dietvorst au micro de Pascal Goffaux.