Passer à la recherche
background

"Dieu est un garçon noir à lunettes" Kayo Mpoyi

Book-Box avec Lucile Poulain

3 min

| Publié le 17/10/22 |

Disponible jusqu'au 14/10/2042

Peut-être que vous aussi, vous vous êtes déjà demandé à quoi ressemblait Dieu. Que l'on soit croyant ou non, ce genre de questions un peu triviales, presque enfantines finalement, n'échappe à personne et surtout pas aux artistes, la preuve avec ce tout premier morceau de la chanteuse Joan Osborne : "One of us". Dans son morceau, Joane Osborne nous interroge sur ce qu'on imagine de Dieu, et se demande s'il ne pourrait pas finalement être, tout simplement, l'un d'entre nous. Bon d'une part, c'est une très bonne chanson qu'il fait bon de réécouter en marchant dans les rues pavées de feuilles mortes, emmitouflé dans une grosse écharpe en prenant un air intelligent / d'autre part, ce sera encore mieux de l'écouter en lisant le premier roman de Kayo Mpoyi: "Dieu est un garçon noir à lunettes". Dans la case "invoquer l'ordinaire dans le sacré", on pouvait pas mieux tomber! Ce roman nous donne rendez-vous en 1989 en Tanzanie, un rendez-vous qui va s'éterniser sur plusieurs années, pour notre bon plaisir. C'est la petite Adi - diminutif de Tshadi - qui nous raconte l'histoire de sa famille et l'arrivée de sa petite soeur en particulier. Elle depeint le décor de son quotidien,  revient en arrière, appréhende le futur et parfois même nous raconte la vie de ses ancêtres, à travers les bribes de récits de son père ou les histoires racontées par sa grande sœur sous les draps. Maintenant si on remonte un peu le temps, juste un petit peu, en 1747 pourquoi pas, Voltaire nous proposait déjà de prendre un bain de doute, avec son célèbre conte philosophique Zadig ou la destinée. Grâce à ce personnage qui cache à peine les traits de son créateur, Dieu et la question de la foi sont remis en question, tout comme la politique, la science, la fidélité à la cour, les mœurs contemporains et j'en passe. C'est un livre qui reste d'une actualité incroyable, qui n'a pas pris une ride même dans la forme et qui nous replonge dans cet état candide, qui nous pousse quand on est enfant, à toujours demander "Pourquoi?"