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Chronique Economique

Le déclin des SMS va s'accélérer !

3 min

| Publié le 16/11/23

Les SMS, c'est comme les dinosaures, ils vont finir par disparaître. C'est notre comportement, et surtout celui de nos entreprises, qui sera à l'origine de sa disparition programmée. Mais c'est vrai que pour le moment on parle plutôt de déclin que de disparition totale des SMS. La société de consultants Jupiter a d'ailleurs publié une nouvelle étude qui démontre que les opérateurs télécoms vont perdre 3 milliards de dollars avec ce déclin. La faute à qui ? Pas tellement aux particulier, car le déclin pour les particuliers avait déjà démarré avec l'arrivée de Facebook en 2004. Les SMS à visée commerciale utilisés, donc par les entreprises, se payent cher, très cher. Mais voilà, les plateformes comme WhatsApp, Instagram et Messenger captent de plus en plus ces flux de messages et, en plus, ces plateformes proposent le paiement intégré ou des chatbots, autrement dit des agents conversationnels qui sont dopés à l'intelligence artificielle. Ce qui plaît évidemment aux entreprises qui ont quelque chose à vendre aux particuliers. Selon la société de consultants Jupiter, le nombre de messages envoyés par les entreprises à leurs clients via Messenger, WhatsApp et tous les autres va quadrupler d'ici 2028. Et Jupiter évalue d'ailleurs ce marché à quasiment 10 milliards de dollars. Et c'est vrai que ces plateformes séduisent les entreprises pour la simple raison qu’elles sont véritablement des espions que nous hébergeons. En contrepartie de leur gratuité, les entreprises peuvent avoir, par exemple, accès à l'historique de nos achats, à notre parcours de navigation, avoir notre taux de clics. Bref, elles savent tout, ou presque, sur notre manière d'acheter sur le web. Et ça, évidemment, ça a un prix. Au final, ce sont les opérateurs télécoms qui vont perdre de l'argent avec ce déclin des SMS. Mais c'est aussi la raison pour laquelle, en Europe, il y a une grosse discussion entre ces plateformes, ces messageries, et les opérateurs télécoms pour savoir si ces plateformes ne devraient pas payer l'usage des réseaux mis à disposition par les opérateurs télécoms. Pour le moment, chacun se regarde en chien de faïence et c'est vrai que la Commission européenne n'a pas encore réglé ce sujet plutôt épineux, pour la simple raison que les 27 pays n'arrivent pas à se mettre d'accord autour de la table. Et pendant ce temps, on a appris que l'intelligence artificielle, via une filiale de Google, a réussi à faire mieux pour la première fois dans l'histoire que les modèles de prévisions météo à dix jours. Mais malgré ça, je suis encore assez étonné que peu de gens parlent de l'intelligence artificielle au sein des entreprises, à croire que personne ne croit à ce tsunami. C'est un peu bizarre cet aveuglement, à croire aussi que certaines vérités dérangent et qu'on préfère les mettre sous le tapis. Et vous savez, ça me fait penser un petit peu à la phrase de la comtesse du Barry, l'ancienne maîtresse de Louis XV, qui aurait demandé un ultime répit au bourreau Samson avant qu'il ne la guillotine en lui disant, je cite encore, « un instant Monsieur le bourreau ». --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21, la radio Rock'n'Pop.