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Classic 21

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Société

Chronique Economique

Et si on parlait de Franco Dragone et du rôle des médias en économie ?

4 min

| Publié le 16/01/23 |

Disponible jusqu'au 16/01/2024

Je suis triste alors triste de voir qu’un homme que je n’ai d’ailleurs pas connu, Franco Dragone, n’a pas reçu la justice médiatique à laquelle il avait légitimement droit. Franco Dragone était issu d’un milieu populaire de Wallonie. Il avait rendu sa ville natale, La Louvière, mondialement connue car c’est au départ de La Louvière qu’il concevait la mise en scène de ses spectacles que des visiteurs du monde entier pouvaient d’ailleurs venir voir à Las Vegas ou à Dubaï, pour ne citer que quelques villes. Alors les médias belges avaient, c’est vrai, beaucoup parlé de lui lorsque la justice s’était intéressée à lui pour un dossier de fraude fiscale, de montages fiscaux internationaux. Il est mort le 30 septembre dernier sans savoir qu’il serait blanchi par la justice de son pays. Trois mois plus tard, soit ce vendredi dernier, le treize, une date symbolique. Or, si vous lisez La presse, ce non-lieu, un non-lieu qui n’est pas uniquement lié au décès de Franco Dragone, mais au fond de l’affaire. Ce non-lieu n’a fait l’objet que de quelques articles rikikis et encore en page sept, onze, treize ou quatorze des quotidiens. Et l’audiovisuel qui a passé la majorité du temps sous silence l’information. J’en parle, d’abord par correction, mais aussi par souci de rappeler que nous vivons dans un monde où notre attention est fragmentée, ultra-sollicitée. Et comme nous avons une mémoire de poisson rouge, ce n’est pas une critique. Je subis le même syndrome. Le business des médias, c’est vrai, est fabriqué de sorte qu’une information chasse l’autre. Alors le problème, c’est le recul. On n’en a plus. Tout se vaut alors que justement c’est faux, ce n’est pas vrai. Quelques exemples : le 31 décembre dernier, la presse économique, qui en tout cas en Belgique, fait état d’une étude d’une société selon laquelle les faillites risquent de s’accélérer en 2023. Première réaction oui, c’est possible, c’est même plausible. Mais la même société de consultance avait dit la même chose en 2020 et 2021, et les faits l’ont pourtant démenti. Mais qui nuance donc la nouvelle étude ? Personne, ou presque. Autre titre d’article, une PME sur six envisage de licencier a premier trimestre 2023, nous dit une autre étude. Mais cinq jours plus tôt, le même média se basant d’ailleurs sur la même étude. Affirmer que les PME veulent éviter les licenciements, notamment parce qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre. En fait, comme toujours, c’est une question de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Faut-il titrer sur le fait qu’une PME sur six veut licencier ou plus tôt ? Ce qui est plutôt mon optique sur le fait que malgré les difficultés, cinq PME sur six ne veulent pas le faire ? Choisis ton camp, camarade. Alors plus sérieusement, on sait ce que valent les prévisions des grandes institutions économiques mondiales. Prenons le cas du FMI. Que dit sa directrice générale début janvier, le 3 janvier pour être précis, mais que la moitié de l’Union européenne sera en récession en 2023. Et puis qu’est-ce que je lis ce matin dans Le Figaro ? Je dis bien ce matin que l’économie européenne résiste mieux que prévu, que la récession maintes fois annoncée, risque de ne pas arriver. Pourquoi ? Sujets évoqués : économie, continent, Allemagne, récession, gouvernement, grands pays, vieux continent, raisons, prix, gaz, invasion, Ukraine, réserves européennes, maximum, hiver, doux, consommation, baisse, europe, 700 milliards, euros, soutenir, ménages, entreprises, titres de presse, médias, bruit ambiant, hiérarchiser, information, éditorialiste, Eric Le Boucher, quotidien économique, Les Echos, fonction, instruction, publique, hiérarchie, événements, faute, moyens financiers, humains, presse, qualité, tri --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21, la radio Rock'n'Pop.