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Classic 21

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Société

Chronique Economique

Les banques belges augmentent le rendement de leurs comptes d’épargne, mais ces hausses de rendement sont des trompe l’œil !

3 min

| Publié le 13/01/23 |

Disponible jusqu'au 13/01/2024

Si vous ne vous occupez pas de l’économie, l’économie s’occupera de vous. C’est d’ailleurs une vérité éternelle qu’ont redécouvert les citoyens avec le retour de l’inflation. L’inflation, tout le monde en a peur et cherche à s’en protéger. Les plus motivés sont ceux et celles qui ont de l’argent bien entendu, et qui voient le pouvoir d’achat de leur épargne fondre comme neige au soleil, ce qui en soi est déjà un business. Je suis abonné à une lettre d’information financière française et les auteurs de cette lettre sont véritablement des as du marketing. Ils ont compris que l’inflation était corrosive et pour inciter les abonnés de cette lettre d’information à s’inscrire à un évènement en ligne, censé donc leur expliquer comment éviter la déconfiture de leur épargne, ils ont mis en place une sorte de compteur en direct et ce compteur tourne en boucle sur leur site. Il part du principe que vous aviez 100.000 € sur un compte au 1er janvier 2022 et ce même compteur vous montre qu’avec l’inflation, eh bien vous n’aurez plus que 93.311 € le 16 janvier prochain, pour citer une date prise au hasard. Donc dans le cas présent, dans trois jours à peine, votre épargne aura ou aurait donc perdu un bon 7000 €. Ça fait mal au cœur et au portefeuille, bien entendu. Et encore, en Belgique, le montant perdu serait nettement plus élevé puisque notre inflation est plus élevée qu’en France. Bref, le message subliminal, c’est bougez-vous, faites fructifier votre épargne, sans quoi elle va fondre. En Belgique, certains épargnants risquent donc d’être leurré par les dernières annonces des banques locales. Vous savez qu’en Belgique, la plupart des banques ne donnent que du 0,11% de rendement sur les comptes d’épargne. Et encore, c’est parce que c’est le taux minimum légal, sinon elles n’auraient pas hésité à ne rien donner vu que pendant des années, les rendements sans risques étaient d’ailleurs proches de 0%. Mais voilà, il y a du changement depuis quelques jours dans le monde bancaire belge et la plupart des banques belges annoncent donc des hausses de rendement de leur compte d’épargne. Alors rien de terrible. Dans les meilleurs cas, on frôle le 1% de rendement, ce qui est risible quand l’inflation flirte en Belgique avec du sept, huit ou 10%. Et c’est encore plus risible quand on sait que ces hausses de rendements sont assorties de tellement de conditions qu’en réalité ce sont des leurres. Dans beaucoup de cas, la hausse est en trompe-l’œil car c’est la partie prime de fidélité qui a surtout augmenté. Or, cette prime de fidélité qui porte bien son nom, vous ne pouvez l’encaisser que si vous ne touchez pas à votre épargne pendant un an. Autrement dit, si vous sortez ne serait-ce que 1 € de ce compte durant l’année, vous perdez votre prime de fidélité. Dans d’autres cas, eh bien la hausse du rendement est liée au fait qu’il faut ouvrir un nouveau compte bancaire. Et c’est là où j’en reviens au marketing extraordinaire de cette lettre d’information française. En fait, elle dit quoi ? Que notre épargne est gangrenée par l’inflation. Ici, il ajoute même que la France est en phase terminale. Ça, c’est un peu d’exagération, mais tout de même, ça aide. Grâce à l’économiste qui va donc prendre la parole durant ce webinaire, on va découvrir un plan en quatre étapes pour sauver ce qui peut être sauvé et sans rien changer à notre vie. C’est magnifique ! Comme ils ont des milliers d’abonnés ces as du marketing rappelle qu’il n’y a que 1000 places disponibles, c’est du marketing. En fait les uns font peur pour vendre leurs solutions et puis les autres communiquent sur des comptes bancaires en trompe-l’œil. Vous voyez, l’inflation est également un business juteux. Le business de la peur et la peur fait toujours vendre. C’est un grand classique. D’ailleurs, les investisseurs le savent bien, les marchés baissiers sont une somme de peur, les marchés aussi, une somme d’erreurs. Et tous détestent l’incertitude. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21, la radio Rock'n'Pop.