Passer à la recherche
image podcast

Classic 21

-

Société

Chronique Economique

Entre la France et l'Allemagne, rien ne va plus

4 min

| Publié le 02/11/22 |

Disponible jusqu'au 02/11/2023

Lorsqu'on livre une guerre même indirecte comme c'est le cas avec la Russie, le plus important, c'est de ne pas se tromper d'ennemi. Vous me direz, "merci de nous rappeler une évidence". Et pourtant, cette évidence, la France et l'Allemagne sont en train de la perdre de vue... C'est pourtant à un divorce discret, mais réel qui se déroule en ce moment. Je parle de divorce parce que l'Union européenne a été bâtie, ces dernières décennies, sur ce qu'on a appelé le couple "franco-allemand". Aucune grande décision n'a été prise sans l'aval des 2 premières puissances économiques de l'Europe. Seulement, voilà, ce couple "franco-allemand" bat de l'aile devant nous et ce couple ne cache plus sa mésentente. Ce qui doit, hélas, faire plaisir à Vladimir Poutine. Je vous donne quelques exemples de cette mésentente : ce vendredi, le chancelier allemand se rendra en Chine. Ce n'est évidemment pas pour visiter la Grande Muraille, mais pour défendre les intérêts de son industrie. Emmanuel Macron lui avait proposé d'y aller à deux pour montrer au président chinois que l'Europe est solidaire. Sa demande a été refusée par les Allemands. Autre exemple : il y a quelques jours, on a appris que l'Allemagne allait bâtir son bouclier antimissile en faisant appel à des fournisseurs militaires américains et israéliens, alors que des fournisseurs similaires existent en France et en Italie. Et plus récemment encore, c'est le commissaire européen Thierry Breton qui s'étonnait que l'Allemagne accepte de vendre 25% du port de Hambourg à un groupe chinois, alors même que la Commission européenne scrute à la loupe les investissements chinois dans des entreprises ou infrastructures stratégiques. Or, un port, surtout celui de Hambourg, est par définition stratégique. Cela, c'est pour les griefs, vus de France, mais les Allemands sont aussi méfiants : ils pensent que sur le plan de la défense européenne les Français parlent beaucoup, mais visent, en réalité, à défendre leur propre industrie de l'armement. La preuve, selon eux, c'est que Dassault avance à reculons dans le projet d'avion de combat européen. De même sur le plan énergétique, la France est aussi soupçonnée de défendre avant tout sa filière de centrales nucléaires, sinon comment expliquer qu'elle ait été réticente au projet de gazoduc entre l'Espagne et l'Allemagne ? En fait, la question qui se pose aujourd'hui est assez simple : cette mésentente, est-elle le fruit de quelques maladresses, de quelques incompréhensions ou est-ce autre chose ? --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.