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Culture

Christian Renonciat, Le Grain des Choses, à la Galerie La Forest Divonne

Un sculpteur philosophe. Un travail du bois. Une représentation hyperréaliste des choses.

21 min

| Publié le 14/01/23 |

Disponible jusqu'au 15/01/2024

Une exposition très singulière d’un philosophe devenu sculpteur se tient à la Galerie La Forest Divonne. Christian Renonciat est né à Paris en 1947. Il a étudié la philosophie à la Sorbonne, mais il a choisi de faire un « vrai métier », dit-il, et de travailler le bois. Les bois pauvres et les bois tendres comme le tilleul ou le cèdre ont sa prédilection. Il sculpte des tableaux. L’hyperréalisme Le résultat est proche de l’hyperréalisme. Même s’il se défend de représenter des objets, l’œil voit nettement un carton ondulé, une feuille de papier kraft froissée, pliée ou dépliée, une enveloppe, un carton d’emballage avec la tension du scotch qui maintient son rabat et le vernis du ruban adhésif. L’illusion est parfaite et le matériau opère une métamorphose dans le regard du spectateur qui oublie la matière première, le bois, et imagine la matière et le toucher des choses suggérées, le rugueux du « carton » d’emballage ou le moelleux de la « laine » d’une couverture. Le Grain des Choses Le travail est bluffant, mais l’artiste ne recherche pas l’excellence « artisanale ». Il ne gomme pas le travail du bois. Il ne masque pas le nœud apparent. La texture du tableau est le résultat d’un long travail. De multiples gestes infimes exécutés à la gouge parviennent à restituer « Le Grain des Choses », titre de l’exposition. La poésie objectale Les choses sont des contenants qui ne recèlent aucun secret, aucun mystère. L’enveloppe a une portée symbolique, mais elle ne contient aucun message. Les tableaux sculptés de Christian Renonciat ne sont pas des natures mortes ou des vies silencieuses. Ils sont des invitations à toucher du regard la matérialité d’une chose et à la transformer en objet poétique. La mission de Francis Ponge croise l’éthique du sculpteur. La madeleine de Proust et les correspondances baudelairiennes entre les sens sont aussi des références littéraires que l’artiste ne désavoue pas. Le créateur invite le spectateur à sortir du temps et à établir des connexions sensorielles entre la vue et le toucher suscitées par ses souvenirs et ses réminiscences de la chose vue. Le Grain des Choses, Christian Renonciat, Galerie La Forest Divonne, Bruxelles, jusqu’au 4 mars. Christian Renonciat est au micro de Pascal Goffaux.