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Classique

Carnets d'opéra

A Bayreuth, une Walkyrie enthousiasmante (2/4)

4 min

| Publié le 12/08/22 |

Disponible jusqu'au 13/08/2023

Après un très décevant Or du Rhin, la nouvelle Tétralogie de Bayreuth a redonné confiance aux pèlerins wagnériens avec une Walkyrie de qualité nettement supérieure. Certes, on garde des réserves sur la mise en scène de Valentin Schwarz : difficile d’y trouver un sens global véritable, on est plutôt dans une approche anecdotique consistant à plaquer certaines images de l’époque actuelle sur les héros wagnériens. Ici par exemple, la chevauchée des Walkyries se fait dans une clinique de chirurgie esthétique où les huit sœurs se sont fait refaire lèvres, nez, joues ou poitrine. Il reste aussi des incongruités, comme l’idée de voir Sieglinde, lourdement enceinte dès le premier acte, arriver au troisième avec un Siegfried déjà né (et qui est donc plus probablement le fils de Hunding que celui de Siegmund). Intéressant par contre, le rôle important confié à Fricka, qui conseille Brünnhilde dans sa scène avec Siegmund, et qui revient déguster un bon Bourgogne avec Wotan après qu’il ait mis Brünnhilde au lit (sur le rocher). Mais la joie retrouvée vient surtout de la musique ! La direction musicale de Cornelius Meister se fait de plus en plus engagée et, surtout, la distribution est somptueuse : Lisa Davidsen en extraordinaire Sieglinde, Klaus Florian Vogt en Siegmund velouté, Georg Zeppenfeld en Hunding quasi chanteur de lied et Tomasz Konieczny en Wotan énergique, intense, et finalement poignant dans ses adieux. Sans oublier la bonne Fricka de Christa Maier, les huit Walkyries et bien sûr la Brünnhilde d’Irene Theorin, un cran en-dessous mais néanmoins satisfaisante.