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A l’avenir roulera-t-on tous en électrique ?

On n'est pas des pigeons

7 min

| Publié le 10/10/22 |

Disponible jusqu'au 10/10/2023

Audrey : Place maintenant à : « Question pour un Pigeons ». Des questions conso pour mourir moins bête. En 5 minutes, Samy Hosni, vous vous attaquez aux plus grands mystères de la consommation. Avec aujourd’hui cette question : à l’avenir roulera-t-on tous en électrique ? Samy: Oui, Audrey, question très délicate aujourd’hui car parler de voiture électrique, c’est risquer de recevoir des dizaines de mails d’insultes. C’est pire qu’une chronique sur l’utilité du vaccin anti- Covid tenue devant un auditoire de conspirationnistes.Car tout le monde a son avis là-dessus. Tout le monde est un petit peu ingénieur en mécanique sur les réseaux sociaux. J’ai d’abord pour préparer cette chronique consulté quelques sites et effectivement on n’est pas à une contradiction près, il y a pas mal de fake news et des gros beaufs qui s’insultent à cause d’une question techniques sur les batteries… Je marche donc sur des œufs et j’ai donc vérifié encore plus de fois mes sources pour préparer cette chronique. Ce qu’il faut dire d’abord, c’est que les voitures électriques, ce n’est pas une nouvelle histoire. A votre avis depuis quand date la première électrique commercialisée ? 1852 : c’était plutôt une carriole électrique, mais ça veut dire que la voiture électrique existait avant la voiture fonctionnant au carburant. Si vous allez au musée Autoworld, vous pouvez voir la première voiture qui a atteint les 100 kilomètres heures en 1899. Elle est belge et électrique . J’ai une photo de la voiture . Vous pouvez la décrire pour nos auditeurs… c’est une espèce d’obus sur roue. Son nom : la « jamais contente ». Un nom donné en l’honneur de la femme du constructeur. Aujourd’hui l’électrique fait son grand retour. Audrey : une chose est claire : la voiture électrique est une voiture plus propre. Ça a l’air d’aller de soi mais petit hic : la production d’un véhicule électrique est plus consommatrice en CO2 qu’un véhicule à combustion. Par contre , si on calcule toute la durée de vie ‘d’une voiture électrique : de sa production à sa fin de vie. Les véhicules électriques sont plus propres : elles émettent quatre fois moins d'émissions que les véhicules classiques. En préparant cette chronique, J’allais dire un grand bravo à Thibaut qui roule en Smart électrique. Mais Thibaut n’est pas là. Et j’ai appris que Thibaut a revendu sa Smart pour une voiture de luxe polluante. Le flop ! Audrey : Alors si c’est si « plus propre », pourquoi n’y a-t-il pas plus de voitures électriques aujourd’hui sur nos routes ? Samy: Mais parce que ça coûte une blinde ! Quand je vois une Tesla model X à 140 000 euros me dépasser sur l’autoroute, je me dis que c’est le prix d’un appart à Charleroi, évidemment c’est un modèle hors de prix. Il y en a des moins chères. A partir de 8000 euros, vous pouvez rouler en Citroën Ami. Une micro machine à une seule place. Il y a une Dacia plus grande a 1 7000 euros. Autonomie 230 km, bref si vous venez de Liège à Ostende, vous tombez en panne avant d’arriver à la mer. A voiture égale avec leur homologue thermique , avec une autonomie acceptable combien ça coûte à votre avis ? 40 000, 50 000 euros. Pour environ 400 kilomètres d’autonomie. Bref, faut avoir de l’argent ou une société qui vous l’offre. Il n’y a en Belgique aucune aide à l’achat de voiture électrique alors que dans d’autres pays on vous donne jusqu’à 7 000 euros pour vous inciter à en acheter une. Même si les frais d’entretien sont minimes et que l’électricité est gratuite si vous la produisez chez vous avec des panneaux solaires , la mise de départ fait très peur. Si les prix ne diminuent pas, à part ceux qui peuvent se le permettre, peu de gens rouleront en électrique. Audrey : Et puis il n’y a pas assez de bornes électriques. Samy: Si vous habitez dans un appartement, vous ne pouvez pas brancher votre voiture à une prise chez vous. Ça bloque évidemment beaucoup de gens à acheter ce type de véhicule. . Il y évidemment les bornes électriques qui commencent à se multiplier. Mais attention également au prix : l’électricité coûte plus cher à cause aujourd’hui de la guerre en Ukraine. Mais attention: argument massue entendu dans les couloirs de la RTBF : on n’aura pas le choix : on sera obligé de passer à l’électrique parce que l’Union européenne a décidé l'interdiction de vente des voitures neuves à essence, diesel ou hybrides en 2035. Attention : ça auss,i ce n’estpas aussi définitif que ça. Voilà peut-être le monde du futur : des véhicules électriques, mais aussi roulant au bio carburant ou à l’hydrogène. Et toujours des véhicules roulant à l’énergie fossile puisque les camions, camionnettes, deux routes: les avions ne sont pas concernés par l’interdiction européenne. Tout le monde ne roulera pas en électrique loin de là. Audrey : Samy, on dit aussi qu’il n’y a pas assez de terres rares pour produire des véhicules électriques pour tout le monde. Samy: Alors les terres rares, ce sont 17 métaux aux propriétés intéressantes. On les retrouve principalement dans le moteur des véhicules électriques. Mais en fait elles ne sont pas si rares que ça. On les trouve assez facilement : les réserves sont trois fois plus importantes que celle du cuivre et deux fois plus que celle du zinc. Donc, aucune pénurie n’est à craindre avant très longtemps Plus problématique c’est le lithium qu’on retrouve dans les batteries (et qui n’est pas une terre rare). Là, les besoins en lithium sont critiques: ils devraient être multipliés par six d'ici 2030 pour suivre la demande. Il faudra ouvrir 50 nouvelles mines. En en parle notamment en Alsace. Le lithium n’est pas une source inépuisable. Et c’est cher, car les prix explosent en ce moment encore à cause de la guerre en Ukraine. Il faudra donc trouver d’autres technologies alternatives de batteries, recycler ou acheter des voitures plus petites. Car sinon il y aura là un vrai problème.