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La Première

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Histoire

1000 Jours dans l’Histoire

EDMOND ROSTAND : AU-DELA DE CYRANO

28 min

| Publié le 08/06/17

Nous sommes le 04 juin 1903. Devant le prestigieux parterre « d’immortels » qui composent cette vénérable institution qu’est l’Académie française, l’auteur de « Cyrano de Bergerac » prononce son discours de réception : « Messieurs, Je n’ai jamais été plus tenté de ne pas parler en prose. Au moment d’entreprendre ce discours, j’aurais volontiers recouru, pour me donner de la hardiesse, à une fiction d’auteur dramatique. Il m’eût été commode d’imaginer que j’écrivais une pièce dans laquelle il arrivait à un tout indigne poète ce qui vient, paraît-il, de m’arriver ; et vous conviendrez, Messieurs, qu’une pièce où il y a de ces invraisemblances ne saurait être qu’en vers. « Supposons », me serais-je dit, « que j’en suis à la grande scène de la réception, au discours à faire ; il faut que mon personnage affronte l’illustre et terrible Compagnie... » C’était du théâtre héroïque ; j’y aurais peut-être réussi ; j’aurais eu pour mon héros de plus abondantes bravoures que pour moi-même ; et j’aurais fait mon discours en croyant faire le sien. Mais j’ai pris garde que je ne devais pas chercher à me faciliter l’épreuve ; je m’abstiendrai donc du langage qui m’est le moins étranger, encore qu’il soit peu raisonnable de doubler les émotions, et de vouloir débuter ensemble sous la Coupole et dans la prose… » Si son héros, Cyrano, a traversé les années avec constance, la mémoire d’Edmond Rostand fut bien vite malmenée. Partons sur les traces d’un homme qui ne cessa de douter.